Théâtre  |  1h30  |  Catégorie B

Le dernier songe de Shakespeare

CRÉATION 2017 DE La Compagnie du Hasard • TEXTE ET MISE EN SCÈNE Bruno Cadillon D’APRÈS Shakespeare AVEC Danièle Marty, Gilbert Epron, Bruno Cadillon, Emmanuel Faventines ET Henri Payet • COSTUMES Anne Rabaron • RÉGIE ET LUMIÈRES Michel Druez

Nous sommes le jour des 52 ans de William Shakespeare : ses serviteurs et sa femme lui préparent, comme à l’accoutumée, un spectacle. Alors que tous sont dans l’effervescence de la fête, Will dont la vie est en train de filer veut rattraper le temps… Trois histoires s’entremêlent dans ce spectacle : celle qui raconte la chute spectaculaire de Shakespeare du balcon de son théâtre –le Globe- jusqu’à son retour chez lui à Stratford-upon-Avon, celle de la fête et des répétitions préparées par ses serviteurs, trois clowns pleins de bonnes intentions, et celle du lien orageux entre Shakespeare et sa femme Anne.

Fidèle du théâtre castrais, la Cie du Hasard propose dans Le dernier songe de Shakespeare d’entraîner le public dans un tourbillon de fantaisie, d’amour et d’humour pour rendre hommage au plus grand auteur de théâtre de tous les temps.

Le 23 avril 1616, il y a quatre cents ans, le jour de ses 52 ans, William Shakespeare meurt à

Stratford-upon-Avon.

Avait-il contracté une maladie lors d’un voyage à Londres ou avait-il trop abusé d’alcool lors d’un repas avec ses amis Ben Jonson et Mickael Drayton, lui qui n’était pourtant pas porté sur les excès, à la différence de ses amis dramaturges de l’époque ? On ne le sait pas.

D’ailleurs, on sait peu de choses sur Shakespeare, pas même l’orthographe exacte de son nom. À peine savons-nous qu’il est né à Stratford-upon-Avon, sans connaître le jour exact, qu’il y a fondé une famille, qu’il s’est rendu à Londres, y est devenu acteur et écrivain, puis est revenu à Stratford pour y écrire son testament et mourir.

Pour l’historien Georges Steevens (source : Shakespeare Antibiographie, Bill Bryson), c’est à peu près tout. Le reste n’est que conjectures de biographe.

Et si c’est peut-être un peu exagéré, ce n’est pas si loin de la vérité. Mais si l’homme nous est presque réellement inconnu, tout le monde connaît Roméo et Juliette, Hamlet, Macbeth, Othello, le roi Lear, Richard III, Shylock, Desdémone, Iago… Sous sa plume, les plus beaux héros comme les plus ignobles prennent vie et nous deviennent aussi proches que les petites gens, plus ou moins glorieux dans leurs tâches et leurs existences. En même temps qu’il donne chair aux personnages, la force de ses images — l’armée des arbres qui avance, le cheval de Richard III, le chaudron des sorcières, les couronnes qui sautent de tête en tête, le balcon de Roméo, le chandelier de Lady Macbeth, le sang qui refuse de se laver — transforme chaque pièce en tableaux qui concentrent l’humanité d’un Bruegel et la sublime beauté d’un

Rembrandt. C’est grâce à sa capacité à percer et exposer au grand jour l’âme humaine que Shakespeare est devenu l’auteur des plus grandes histoires d’amour, de passion, de pouvoir, plus que par les intrigues qu’il empruntait sans vergogne aux anciens ou les thèmes de ses pièces qu’il puisait chez ses contemporains — la notion de plagiat n’existait tout simplement pas à l’époque —. C’est grâce à cette faculté à déchiffrer et représenter nos tourments qu’il est devenu au fil du temps l’écrivain de théâtre le plus joué dans le monde. Donc si l’homme nous est inconnu, son œuvre, elle, est inscrite dans nos gènes et c’est à la recherche de nous-mêmes que nous partons en nous lançant dans le projet Le dernier songe de

Shakespeare. Nous voulons nous nourrir de William Shakespeare, lui demander qu’il nous prête un moment ses personnages, ses scènes cultes – ou non —, pour qu’il nous raconte un peu qui nous sommes.

Danièle Marty

Bruno Cadillon, auteur, metteur en scène et comédien

Il commence la mise en scène au sein de la compagnie du Matamore avec L’ours de Tchékhov en 1989 au théâtre Montorgueuil, puis se consacre pendant dix ans à sa carrière de comédien. Il reprend la mise en scène en 1998 pour l’Athliv à Fougères où il adapte et met en scène l’Assommoir de Zola. Puis de 1999 à 2007, il met en scène dans le cadre des rencontres internationales de Haute-Corse dirigées par Robin Renucci : la demande en mariage de Tchékhov (1999), La fausse suivante de Marivaux (2000), Débrayage de Remi de Vos (2001), Ils seront revenus avant l’hiver (2002), OEillets rouges et tête de More (2003) de Charles Charras, Les acteurs de bonne foi de Marivaux (2004), Le fil à la patte de Feydeau (2005), les Troyennes de Sénèque (2006), L’opéra des gueux de

John Gay (2007). Parallèlement il continue son travail avec la compagnie du Matamore pour qui il monte Gibier de Potence et Dormez je le veux de Feydeau en 2001 ainsi que la Laborieuse entreprise de Hanokh Levin en 2007, mais travaille également avec d’autres structures comme la Compagnie la Pierre et Le Tapis avec qui il monte Alpenstock de Remi de Vos en 2014 et Pourquoi tant d’amour qu’il écrit et met en scène en 2015. Il collabore également avec l’ACE de Rennes pour qui il écrit et monte comment ne pas monter sainte jeanne des abattoirs de Bertolt Brecht, ainsi qu’avec Itinéraire Bis en Côte d’Armor où il monte, lors d’un stage de réalisation, Building de Léonore Confino. Il commence son association avec la Compagnie du Hasard en tant que comédien en 2009 avec Molière ou l’amour confondu de Valérie Durin. En 2010, il met en scène des extraits du Souffle de l’harmattan de Sylvain Trudel, puis en 2012 Tous les hommes sont menteurs, deux spectacles solo avec Danièle Marty. En 2013, il écrit et met en scène pour la compagnie du Hasard Le Mystère Denis Papin, puis, en 2014 Le Psychopathe, l’adorée et la cave, trois courtes pièces faisant partie du projet Des cailloux et du pain. Suivront en 2015, l’écriture et la mise en scène du Passage des Anges et enfin la mise en scène de Champagne !, trois nouvelles de Tchekhov. Parallèlement : Il a écrit pour le cinéma, Home Sweet Home, réalisé en 2008 par Didier Le pêcheur, avec Judith Godrèche, Patrick Chesnay, Alexandre Astier. Il a écrit le roman Sortie de route, publié aux éditions d’Orbestier en 2010. Il vient de terminer la co-écriture d’Otages avec Maxime Crupeaux, commande des Tréteaux de France sur le thème de la richesse et du travail. En tant que comédien, il a joué dans plus de quarante pièces sous la direction de Robin Renucci, Catherine Anne, Michel Vinaver, Grégoire Ingold, Serge Lipszyc, Catherine Schaub, Danièle Marty, Pierre Vial, Anouch Pare… et au cinéma avec Kyoshi Kurosawa, Luc Besson, Robin Renucci, Didier Le Pêcheur, Daniel Cohen, Jean-Marc Culiersi… Il tourne actuellement au théâtre : le Faiseur de Balzac où il joue le rôle-titre dans une mise en scène de Robin Renucci et participe à la création de 1300g, pièce de Léonore Confino mise en scène par Catherine Schaub qui verra le jour en octobre 2017 à la grande scène de Chesnay, avant une tournée au dernier trimestre 2017 et une reprise au Théâtre du Rond Point pendant la saison 2018-2019.

Site officiel : compagnieduhasard.com