Théâtre  |  1H  |  Catégorie B

Le journal d’Adam et Eve

Théâtre d'après Mark Twain

Théâtre des Trois Parques (Cher) D’APRÈS Mark Twain MISE EN SCÈNE ET ADAPTATION Mélissa Barbaud, Julie Delille ET Baptiste Relat D’APRÈS LA TRADUCTION DE Freddy Michalski (ÉD. L’OEIL D’OR) AVEC Julie Delille ET Baptiste Relat DÉCOR ET RÉGIE GÉNÉRALE Sébastien Hérouart COSTUME Fanette Bernaer
COPRODUCTION ÉQUINOXE-SN DE CHÂTEAUROUX

 

D’un côté, Adam tranquille hédoniste jouissant sans entraves des bienfaits infinis du Jardin. De l’autre, Ève,
avec ses cheveux longs et ses mots nouveaux, boulimique de découvertes, multipliant les expériences farfelues.
Voici le dialogue – ou plutôt sa tentative –entre deux créature piégées dans un huis-clos soi-disant paradisiaque… Avec beaucoup d’humour, Mark Twain (1835-1910), l’auteur des Aventures de Tom Sawyer, retrace le chemin de l’humanité et invite à le suivre… seul ou mieux : accompagné.e.

 

Adam et Ève : un problème de communication.
Deux points de vue différents et divergents, Adam et Ève semblent faits pour ne jamais
se comprendre. Lui est pragmatique tandis qu’elle n’est qu’affection, il est résigné, elle
est progressiste, autocentré alors qu’Ève ne peut se contenter d’elle même. Mais tous
deux sont curieux et explorateurs : lui d’un point de vue géographique, elle plutôt
anthropologique. Deux parcours parallèles destinés à ne pas se rencontrer. D’ailleurs le
journal d’Ève ne fut écrit que dans un second temps, comme un droit de réponse à celui
d’Adam. Dialoguent-ils vraiment ?
Comment communiquer quand les choses sont vues différemment,
quand le vocabulaire qu’on attribue est nécessairement clivant : s’accorder sur le nom
des choses c’est aussi admettre de limiter la nature et la fonction qu’elles ont,
et c’est marquer son territoire, faire possession. Le langage serait-il la première barrière,
le premier motif de discorde entre les sexes ?
Si le langage est inné, il est aussi à inventer, à conquérir : il est un objet d’autonomie.
Des mots restent à trouver qui déterminent des concepts (émotions, perceptions,
relations entre les choses et les êtres) plutôt que de simples qualifications sur la nature
ou la fonction. Quand Adam ou Ève se rendent compte de la forte impression que
produisent les mots sur eux-mêmes et sur l’autre, ils en tirent beaucoup de fierté.
L’humour explose à ce moment précis, aussi parce que leur naïveté est décuplée :
ce qu’ils découvrent pour la première fois, choses, noms et expériences, nous le savons
déjà depuis longtemps. Le spectateur assiste à un jubilé de premier degré et de tentatives
de complexification, de distanciation, et donc d’humour. La créature ainsi complétée
par un vocabulaire étudié, qui après avoir compris les choses, après les avoir nommées,
devient parfaitement autonome. Au moment où elle commence à s’en amuser, elle est
créatrice de concepts à son tour.
Puis en admettant que tous deux savent écrire et raconter leur propre histoire, ils n’ont
plus besoin de Twain, ils sont historiens et auteurs à leur tour.
Quand vient Caïn, qu’Adam prend tour à tour pour un poisson, un kangourou, un ours,
nos deux créatures ne créent plus seulement du langage mais également d’autres humains :
les voilà Dieu et Twain, les propres artisans de leur vie et de leur récit.

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