Théâtre musical  |  1h15

Pomme d’Api

fantaisie lyrique de Jacques Offenbach

Mise en scène Olivier Broda assisté d’Eve Weiss, direction musicale Delphine Dussaux avec Joris Conquet, Delphine Dussaux, Alice Fagard et Franck Vincent Scénographie Noëlle Ginéfri-Corbel Costumes Claire Schwartz

Lumières et régie générale Gilles Gaudet

Production Théâtre du Temps Pluriel Coproduction La Maison / Nevers

Sur les conseils de son riche oncle, le jeune Gustave renonce à sa petite amie Catherine, dite Pomme d’Api. Or, celle-ci se fait embaucher comme domestique chez le fameux oncle, lequel la trouve plutôt à croquer… Commence alors une ronde amoureuse, colorée, drôle et tendre entraînant le spectateur dans un univers à la Jacques Demy des années 1960.

Opérette dépoussiérée, fantaisie acidulée, théâtre lyrique revisitée : la pièce date de 1873 mais Olivier Broda a su réinterroger le style ; une belle manière de (re)découvrir le grand Offenbach.

 

On sait que Jacques Offenbach a commencé sa brillante carrière avec une foule de petits actes (bouffonneries désopilantes ou opéras-comiques charmants) avant de devenir mondialement célèbre avec ses grands opéras bouffes. Mais même alors, il continue à produire dans le format qui lui rapporte ses premiers succès ; certains, parmi les plus réussis dans ce genre, datent même de cette époque. Ainsi, l’admirable Pomme d’Api date de 1873, quelques années après la chute du Second Empire. Elle est, plus que d’autres, imprégnée de cette ambiguïté qui reste la marque de fabrique de ce Maître. Son public passe sans transition d’une situation hilarante à une atmosphère pleine d’une mélancolie et d’une nostalgie romantique devant un bonheur perdu.

Pomme d’Api est une pièce à part dans le répertoire d’Offenbach, une œuvre de fin de vie. L’intrigue, efficace, repose sur trois personnages : une jeune femme qui joue à la domestique (le rôle-titre), son amant qui vient de l’abandonner pour des raisons financières, et l’oncle de ce dernier, quelque peu licencieux, mais prêt à pardonner. Cette ronde amoureuse est une pièce courte, un concentré de l’art d’Offenbach où comédie et lyrisme se mêlent de façon remarquable, subtile et sensible.
Une pièce courte certes mais bourrée de morceaux célèbres et entêtants. Deux numéros sont d’ailleurs fameux : le trio « Va donc, va donc chercher le grill ! » qu’Offenbach fait chanter sur une musique d’un ton fort sérieux en décalage comique avec la question bien prosaïque de la cuisson de trois côtelettes et le rondeau « J’en prendrai un, deux, trois … » où Catherine liste avec gourmandise ses futurs amants. De véritables morceaux de bravoure et de virtuosité.
Dans cette pièce où les personnages ne cessent de rentrer et de sortir à un rythme effréné, des trouées de surréalisme truculentes viennent ponctuer cette fantaisie annonçant Labiche et Ionesco.

Nous ne plongerons pas cette pièce dans le formol du second empire. Nous la dépoussièrerons en plongeant ce triangle amoureux dans un univers à la Jacques Demy des années 1960. Olivier Broda – metteur en scène

 

 

 

 

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